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Allumette

 
 
 
Allumette
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Caractéristiques
Matériaux
Utilisation
Usage

Une allumette est une petite tige de bois (généralement du peuplier, parfois de saule), de carton ou de chiffon, destinée à créer une flamme par friction avec son extrémité enduite d'un produit chimique inflammable, après quoi elle n'est plus utilisable.

Le mot « allumette » date des environs de l'an 1200 pour désigner une petite bûche destinée à faire prendre le feu.

Les allumettes sont vendues généralement en nombre, conditionnées en boîtes ou en pochettes de carton.

Historique

Origines

Les allumettes datent de l'Antiquité1.

Il a été retrouvé, à Saintes, datés du IIe siècle, de petits bâtonnets de bois carbonisés à une extrémité2. On ne sait pas si ces « allumettes » ont simplement servi à transporter une flamme, à éclairer, ou si elles ont participé à la production de feu.

En revanche, en Chine est attesté dès le VIe siècle, l'existence de bâtonnets de pin imprégnés de soufre, qui auraient eu cet usage3.

Contrairement aux allumettes actuelles, ces allumettes au soufre ne peuvent s'enflammer que secondairement, au contact d'une braise préalablement obtenue par les moyens classiques (briquet d'acier, par exemple, déjà connu des Romains).

Au Moyen Âge, les allumettes étaient faites de roseau et fortement soufrées1.

Les premières allumettes, mentionnées dès 1530, différaient des allumettes modernes. Connues sous le nom de bûchettes, fidibus ou chénevottes, il s'agissait de petites tiges de bois, de roseau ou de chènevotte, de papier roulé ou de mèches de coton trempées dans la cire4. L'utilisation de ces allumettes soufrées à une ou deux extrémités est décrite au XVIIe siècle dans un poème de Saint-Amant (1594-1661) :

Souvent tout en sueur je m'esveille en parlant,
Je saute hors du lit, l'estomach pantelant,
Vay prendre mon fuzil, et d'une main tremblante
Heurtant contre le fer la pierre estincelante,
Après m'estre donné maint coup dessus les dois,
Après qu'entre les dents j'ay juré mille fois,
Une pointe de feu tombe et court dans la meiche,
R'avivant aussi-tost cette matiere seiche,
J'y porte l'allumette, et n'osant respirer
De crainte de l'odeur qui m'en fait retirer,
Au travers de ce feu puant, bleuastre et sombre,
J'entrevoy cheminer la figure d'une ombre…

— Saint-Amant, Œuvres complètes, nouvelle édition, 1855, p. 84

Ce passage décrit le problème d'arriver dans le noir complet au sortir d'un cauchemar, à battre le briquet (nommé fusil avant le XVIIIe siècle), allumer l'amadou, allumer l'allumette au soufre (qui brûle avec une flamme bleue) pour pouvoir enfin allumer une bougie.

Ce n'est qu'au début du XIXe siècle (de 1805 à 1831) que l'on verra pour la première fois une allumette produire une flamme en un seul temps, par réaction chimique ou par frottement. La boîte avec frottoir naît à cette époque, en 18301.

Progrès au XIXe siècle

 
Thermographie d'une allumette en combustion5

L'allumette moderne a été inventée en 1805 par Jean-Joseph-Louis Chancel, assistant du professeur Louis Jacques Thénard à Paris6. Le mélange inflammable contenait du chlorate de potassium, du soufre, du sucre et du caoutchouc. Il s'enflammait lorsqu'il était plongé dans un petit flacon d'amiante rempli d'acide sulfurique concentré4. Cette sorte d'allumette, aussi onéreuse que dangereuse, ne rencontra pas un grand succès.

La première allumette inflammable par friction est l'invention du chimiste anglais John Walker le 7. Il reprit des travaux infructueux menés par Robert Boyle, en 1680, sur l'utilisation du phosphore et du soufre. Walker mit au point un mélange de sulfure d'antimoine (III), de chlorate de potassium, gomme et d'amidon, qui pouvait s'enflammer en frottant sur une surface rugueuse composée d'une pâte à base de phosphore amorphe et de peroxyde de manganèse8. Les premières allumettes, brevetées par Samuel Jones, furent commercialisées sous le nom de lucifers. Elles présentaient d'importants défauts, la flamme étant instable et la réaction trop violente. De plus, l'odeur qu'elles produisaient était désagréable.

Le Hongrois János Irinyi (en) (1817-1895) invente l'allumette moderne non explosive en 1836, substituant le dioxyde de plomb au chlorate de potasse, évitant ainsi les explosions violentes9,10.

En 1831, le Français Charles Sauria ajouta du phosphore blanc afin d'atténuer l'odeur. Ces nouvelles allumettes, qui devaient être conservées dans une boîte hermétique, gagnèrent en popularité. L'Allemand Jakob Friedrich Kammerer fut à l'origine de leur production industrielle en 1832. Malheureusement, ceux qui travaillaient à leur fabrication furent atteints par des maladies osseuses, en particulier au niveau des mâchoires11, liées à l'exposition au phosphore blanc. Après une campagne dénonçant ces pratiquesn 1, qui menaient à des infirmités graves, défigurantes et parfois mortelles, une convention internationale sur l'interdiction de l'emploi du phosphore blanc (jaune) dans l'industrie des allumettes, signée à Berne le , et suivie d'actions législatives, contraignit l'industrie à changer de méthode et à protéger les ouvriers.

C'est en Autriche, en 1833 que s'établit la première fabrique d'allumettes chimiques à base de phosphore. Elles étaient tellement inflammables que le cahot des voitures de transport suffisait à les faire prendre[réf. nécessaire]. Aussi dans la plupart des États allemands se décida-t-on à en interdire l'usage jusqu'en 1840, époque où Preshel inventa sa fameuse[réf. souhaitée] pâte composée de gomme épaisse de chlorure de potasse, de phosphore et de bleu de Prusse. Plus tard, ce chimiste remplaça même le chlorate par l'oxyde pur (peroxyde de plomb, qui ne fait pas d'explosion).

Allumette de sûreté

 
Allumettes de sûreté.
Friction d'une allumette sur le grattoir d'une boîte d'allumettes.
 
Friction d'une allumette sur le grattoir d'une boîte d'allumettes.

L'allumette de sûreté, encore appelée « allumette suédoise » en raison de la nationalité suédoise de son inventeur Gustaf Erik Pasch, date de 1844. La « sûreté » provient du fait qu'elle nécessite un grattoir spécial, dont les éléments chimiques interagissent avec ceux de l'extrémité de l'allumette pour s'enflammer. Le grattoir est composé de poudre de verre et de phosphore rouge, tandis que l'extrémité de l'allumette est enduite de sulfure d’antimoine, de dioxyde de manganèse et de chlorate de potassium. La chaleur engendrée par le frottement transforme le phosphore rouge en phosphore blanc, qui à son tour contribue à l'inflammation de l'allumette. Une société américaine développa un procédé similaire et le breveta en 1910.

Monopole d'État en France pendant 120 ans

En France, la taxe sur les allumettes mise en place par une loi de 1871, qui devait améliorer les finances publiques nationales éprouvées par la guerre franco-prussienne de 1870, s'étant avérée d'un rendement trop faible, la fabrication et l'importation des allumettes ont été déclarées monopole de l'État par la loi du 12,13,14.

D'un tissu artisanal, le secteur est donc rapidement passé à une organisation industrielle unitaire, le monopole étant affermé à la Société Générale des Allumettes Chimiques. En 1935, il est pris en charge par le Service d'exploitation industrielle des tabacs et des allumettes, qui devient en 1980 une société anonyme, la SEITA, privatisée en 1995, aujourd'hui fusionnée dans Altadis.

Le monopole fut aménagé par la loi no 72-1069 du , autorisant l'importation d'allumettes en provenance d’États membres de la Communauté européenne15. Après plusieurs recommandations de la Commission européenne entre 196916 et 198717,18,19, le monopole de fabrication et d'importation fut levé en 1995, à l'occasion de la privatisation de la SEITA20.

Marché parallèle

Parallèlement à ce monopole se met en place, notamment en milieu rural, un marché illégal relevant de la contrebande. Ces allumettes de contrebande restaient fabriquées à base de phosphore, sable, colle et chlorate de manière très artisanale21,22.

Allumettes contemporaines

Allumettes-tempête

Les allumettes-tempête peuvent être enflammées au dehors, même par très grand vent. Elles sont très appréciées des marins et des campeurs mais aussi des pisteurs secouristes. La tête inflammable, très reconnaissable, est beaucoup plus volumineuse que celle des allumettes classiques. Elles sont également très résistantes à l'humidité23.

Allumettes traitées contre l'humidité

Ces allumettes sont moins chères que les précédentes ; elles sont conçues pour résister à l'humidité, mais elles ne s'allument pas en plein vent.

Allumettes en boîtes étanches

Des boîtes étanches à vis permettent de conserver les allumettes au sec par tout temps et même en immersion. On peut les garnir d'allumettes spéciales ou ordinaires.

Allumettes par pays

Belgique

Union Match est une compagnie allumettière belge.

Italie

Les allumettes de cire (fiammiferi cerini) sont de minuscules allumettes de papier de cellulose pure paraffinée, ayant un aspect de mini-cierge de cire. Très populaires, peu encombrantes et résistant bien à l'humidité, elles demandent une certaine dextérité pour être allumées sans se plier : il faut les pincer entre les deux ongles du pouce et de l'index, très près de la partie inflammable. Les boîtes sont en carton décoré à glissière, avec un rabat empêchant la chute accidentelle des allumettes et parfois même un élastique permettant la fermeture automatique du tiroir24.

Collection

 
Collection d'allumettes américaines
 
Allumettes Supersonique (1985-1986 CONCORDE)

La collection des boîtes d'allumettes porte le nom de philuménie. Elle est pratiquée de longue date par d'infatigables chercheurs, évoqués par Anatole France, Le Crime de Sylvestre Bonnard, membre de l'Institut25.

La plus ancienne boîte d'allumettes française connue, « Pyrogènes », très joliment ornée, est conservée à la Bibliothèque nationale1.

Références culturelles

Littérature

Cinéma

Musique

Mathématiques

Géométrie

 
Construction d'un carré de sommet A et passant par un point B donnés à l'aide d'allumettes.

Les figures géométriques constructibles avec des allumettes sont exactement celles qui sont constructibles à la règle et au compas27.

 

Théorie des graphes

Les allumettes ont donné le nom d'un type particulier de graphe : le graphe allumette défini comme étant à la fois un graphe distance-unité et planaire. En effet un tel graphe peut être représenté physiquement au moyen d'allumettes de même longueurs ne se croisant pas.

Art en allumettes

Œuvres en deux dimensions

 
Portrait de Lénine en allumettes usagées.

Œuvres où seule compte une face principale.

Sculptures et maquettes

Jeux

Move 1 match2.svg
 

Il est possible de créer de nombreuses énigmes et casse-têtes à l'aide d'allumettes28.

 

Architecture

 
Maison allumette dans le secteur Val-Tétreau à Gatineau

Les maisons allumettes sont construites en bois avec des façades étroites, en hauteur, avec un toit très pentu à deux versants et alignées les unes à la suite des autres. Ceci leur donne l'apparence d'allumettes cordées dans leur boîte29. George Papillon, un employé de la compagnie E. B. Eddy (en), était chargé de vendre à bas prix ou même de donner le bois qui servirait à bâtir ces maisons afin de récompenser les ouvriers de l'usine ou d'en attirer de nouveaux, d'où le nom d'origine « maisons en bois Papillon »30. Érigées à la fin des années 1800, on les retrouve dans les quartiers plus anciens de la ville de Gatineau au Québec, Canada. Plusieurs de ces maisons ont été détruites lors du grand feu de 1900 et certaines reconstruites29.

Notes et références

Notes

  1. « La fabrication des allumettes chimiques date de 1833, époque où l’on a trouvé le moyen de fixer le phosphore sur le bois. Depuis 1845, elle s’est rapidement développée en Angleterre, où des quartiers les plus populeux de Londres elle s’est ensuite répandue à Manchester, Birmingham, Liverpool, Bristol, Norwich, Newcastle, Glasgow, accompagnée partout de cette maladie des mâchoires qu’un médecin de Vienne déclarait déjà en 1845 être spéciale aux faiseurs d’allumettes chimiques. La moitié des travailleurs sont des enfants au‑dessous de 13 ans et des adolescents au‑dessous de 18. Cette industrie est tellement insalubre et répugnante, et par cela même tellement décriée, qu’il n’y a que la partie la plus misérable de la classe ouvrière qui lui fournisse des enfants, « des enfants déguenillés, à moitié morts de faim et corrompus. » Parmi les témoins que le commissaire White entendit (1863), il y en avait deux cent soixante‑dix au‑dessous de 18 ans, quarante au-dessous de 10, douze de 8 ans et cinq de 6 ans seulement. La journée de travail varie entre douze, quatorze et quinze heures ; on travaille la nuit ; les repas irréguliers se prennent la plupart du temps dans le local de la fabrique empoisonné par le phosphore. — Dante trouverait les tortures de son enfer dépassées par celles de ces manufactures. » Karl Marx, Le Capital I [archive]

Références

  1. « Des « maisons de bois Papillon » aux maisons allumettes », Le Droit,‎ (lire en ligne [archive], consulté le ).

Annexes

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Briquet

 
 
 
Briquet
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Type
Outil, nécessaire de fumeur (d)
Utilisation
Usage

Un briquet est une petite pièce d’acier dont on se servait pour créer par percussion avec un silex une étincelle, et par extension moderne un dispositif pyrotechnique autonome, destiné à produire une flamme ou une étincelle suffisamment puissante pour déclencher l'embrasement d'un combustible. Le carburant utilisé est stocké au sein d'un réservoir, et le comburant est le dioxygène présent dans l'air. Le briquet est souvent destiné à être transportable facilement et dans ce cas sa taille lui permet généralement d'être tenu dans une main.

Le briquet à silex en acier

 
Assortiment de briquets à silex en aciers.

Une méthode très ancienne pour faire du feu, encore utilisée de nos jours, est d'utiliser un briquet en métal, frappé contre un éclat de silex à bords tranchants. Le briquet à silex est forgé dans un acier à haute teneur en carbone. Par percussion sur un silex, la pièce d'acier produit des étincelles qui créent des braises qui communiquent leur chaleur à un initiateur (amadou, mèche de coton trempée dans une solution de jaune de plomb ou de salpêtre ou du coton carbonisé) qui est en mesure alors, de déclencher la combustion. Ce même principe était utilisé jadis, par les premiers fusils et pistolets.

Ces briquets prennent plusieurs formes : briquet rotatif, horloge-briquet, pistolet-briquet1.

Briquets modernes

Briquets électriques à résistance chauffante

Briquet imaginé en 1874 par Gaston Planté : « briquet de Saturne » il est constitué d'une pile fournissant un courant électrique qui fait rougir un fil de platine1.

Briquets à arc électrique

Les briquets à arc électrique sont constitués d'une pile fournissant un courant électrique qui alimente un transformateur délivrant du courant électrique de haute tension à deux électrodes en laiton produisant un arc électrique en continu.

Briquets chimiques

Vers 1820 apparaît le « briquet Fumade », du nom de ses inventeurs2, qui contenait de l'acide sulfurique dans lequel on plongeait une allumette chimique :

« Gavroche replongea dans l'obscurité. Les enfants entendirent le reniflement de l'allumette enfoncée dans la bouteille phosphorique. L'allumette chimique n'existait pas encore ; le briquet Fumade représentait à cette époque le progrès. Une clarté subite leur fit cligner les yeux ; Gavroche venait d'allumer un de ces bouts de ficelle trempés dans la résine qu'on appelle rats de cave. Le rat de cave, qui fumait plus qu'il n'éclairait, rendait confusément visible le dedans de l'éléphant. »

— Victor Hugo, Les Misérables (1862)

Briquets à amadou

 
Briquet « à amadou » moderne

Historiquement, le « briquet » est une pièce métallique avec laquelle on percute un silex pour produire des étincelles et rendre incandescent un morceau séché d'amadou, matière spongieuse tirée du champignon appelé Amadouvier.

À partir des années 1840, l'amadou est remplacé par une mèche de coton saturée de jaune de plomb. On le nomme cependant encore « briquet à amadou » par tradition. Vers 1900, l'invention du ferrocérium par le chimiste autrichien Carl Auer von Welsbach permet d'allumer cette mèche plus facilement, par l'étincelle d'une molette en acier en contact avec cette pierre à briquet. Sans combustible associé, la mèche devient simplement incandescente et ne produit pas de flamme. La molette d'acier est juxtaposée à la mèche par un dispositif qui permet, en tirant sur celle-ci, d'étouffer la braise après usage3.

Pour produire directement une flamme, sans passer par l'étape de combustion lente, il faut attendre la généralisation du briquet à essence au cours de la première moitié du XXe siècle4.

Briquets à essence, briquets des tranchées

 
Briquet des tranchées, à essence.

Les briquets à essence sont répandus et conviennent à tous types d'usage. Ils ont été démocratisés, entre autres, grâce aux soldats de la Première Guerre mondiale5,6,7.

Ce sera le « briquet de tranchées » ou « briquet des poilus », bien utile durant la guerre de positions, puisque l'allumette à friction (inventée en 1827) aurait été difficile à conserver dans les tranchées humides et révélerait la présence des soldats. Ce briquet fait partie de l'artisanat de tranchée car il est facile à fabriquer en associant les éléments précédents du briquet à amadou à un petit réservoir métallique, destiné à contenir un distillat léger du pétrole dont on imbibe la mèche de coton. Il est également commercialisé et peut prendre des formes très variées4.

 
Allumage d'un briquet à essence Zippo.

Les briquets à essence présentent une large autonomie et sont rechargeables. Le combustible imbibe une mèche par capillarité. Un ressort presse une pierre à briquet contre la molette. En actionnant la molette avec le pouce, on produit une gerbe d'étincelles qui allume les vapeurs du combustible. La flamme, de grande taille, résulte d'une combustion incomplète : elle est jaune-orangé, et produit des vapeurs noirâtres.

En 1936, aux États-Unis, un brevet est déposé pour un briquet à essence dérivé du briquet tempête : le Zippo qui connaît un succès durable. Il est rectangulaire, doté d'une grille pour protéger la flamme et d'un capuchon relié au réservoir par une charnière. À défaut d'essence à briquet, il était possible d'utiliser ponctuellement d'autres produits inflammables (Essence F, Alcool à brûler, kérosène...) avec le risque d'endommager le dispositif d'allumage ou d'avoir une combustion inadaptée ou malodorante.

Briquets à gaz

 
Un briquet à gaz jetable.

Le briquet à gaz est une invention française (de Henry Pingeot, grand-père d'Anne Pingeot8). C'est Marcel Quercia, directeur de la firme Flaminaire (Bic, Flamagas) qui lance les premiers modèles, un de table et un autre de poche nommés respectivement le Gentry et le Crillon en 1948.

Les briquets à gaz sont les plus courants : produits en quantité industrielle dès les années 1960, notamment par le fabricant Cricket et plus tard BiC, ils consistent pour la plupart à provoquer l'ignition d'un gaz inflammable, souvent du butane, de la même manière que pour les briquets à essence décrits plus haut. Ces briquets classiques, bon marché, entrent en concurrence avec les deux autres types de briquets à gaz.

Briquets automatiques

Les automatiques provoquent la production d'une étincelle via un dispositif électronique, généralement piézoélectrique. Une simple pression sur un bouton poussoir suffit à relâcher le gaz combustible et à provoquer une étincelle.

Briquets tempête

Les briquets tempêtes tirent leur nom de l'invention de marins, pour qui les vents et les éléments, lorsqu'ils sont en mer, empêchent l'ignition du gaz combustible du fait de sa dispersion. Contrairement à l'opinion populaire, le butane contenu dans les briquets tempêtes n'est pas à une pression très élevée. Les briquets à l'épreuve du vent font un meilleur mélange du combustible avec l'air, et parfois, font passer le mélange air-butane à travers un catalyseur, ce qui provoque une combustion complète du carburant, avec une flamme bleutée. La chaleur ainsi dégagée peut avoisiner les 1 200 °C à 1 500 °C. La flamme initialement bleue peut être teinte en rouge ou en vert en vaporisant sur son passage un filament de métal (par exemple, du cuivre pour obtenir une flamme verte).

Briquets pneumatiques

Ils sont composés d'un cylindre et d'un piston dont l'extrémité inférieure est une logette qui permet d’accueillir un initiateur. Le piston est muni d'un joint graissé (caoutchouc, cuir, filasse) pour assurer l'étanchéité lors du déplacement du piston dans le cylindre. Lorsqu'on appuie fortement et rapidement sur le piston, l'air enfermé dans le cylindre est comprimé et sa température augmente (compression adiabatique). Cet échauffement est suffisant pour atteindre la température d'auto-inflammation dans l'air de substances telles que le tissu carbonisé ou l'amadou. Un briquet pneumatique permet d'obtenir une braise en un seul geste vif. Il faut ensuite retirer rapidement le piston afin de permettre à l'initiateur embrasé de se consumer dans l'air et d'allumer un autre combustible. C'est cela qui a inspiré Rudolf Diesel pour son moteur.

Briquets solaires

Le briquet solaire fonctionne par concentration de la lumière du soleil sur un point précis, il nécessite l'utilisation d'un miroir concave ou d'une lentille. Il existe des briquets solaires depuis fort longtemps, on trouve un brevet pour un appareil dit briquet solaire en 18789 et un autre brevet pour un briquet solaire en 188510.

Différents briquets solaires en plastiques ont été mis sur le marché à partir de 197011,12. Actuellement le briquet solaire se décline sur la base d'un miroir parabolique en aluminium à l'intérieur d'une coque, celui-ci présente un intérêt indéniable, absence totale de mécanisme, combustible, mèche, pierre, etc., et un inconvénient majeur, le briquet solaire ne peut pas fonctionner par temps couvert12 et la nuit.

 
Briquets variés
 
Briquets de poche variés

Législation

Au Portugal, l'usage et la simple détention de briquets a nécessité une licence de 1937 à 197013. Cette licence avait été instaurée, sous la dictature d'Antonio Salazar, par le décret-loi no 28:219 du 14, afin de soutenir les fabricants locaux d'allumettes[réf. souhaitée]. Les contrevenants s'exposaient à une amende de 250 escudos (la somme était doublée pour les fonctionnaires et les militaires). La licence ne fut supprimée que par le décret-loi no 237/70 du 15[réf. souhaitée].

Notes et références

  1. (pt) Decreto-lei no 237/70, de 25 de maio 1970 [archive] [html], sur dre.pt, Diário da República (consulté le )
    (pt) Texte intégral [archive] [fac-similé], paru dans le Diário do Governo, 1re série, no 122 du , p. 694-697 (consulté le ).

Voir aussi

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Articles connexes